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Au gré de mes lectures, surfs, sorties, collecte d’oeuvres, images, citations, extraits…

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Bienheureuse flemme, pourquoi n’a-t-on pas des rentes, et beaucoup de temps devant soi avec l’illusion d’un travail raisonnable au bout ‎(Vuillard à Vallotton, 8 août 1894)

‎ »Mon cher ami

Je vous écris rue des Sts Pères, craignant que vous ne soyez plus au bord de la mer, je suis un peu honteux de ne pas vous avoir encore écrit un mot depuis votre départ, je me le reproche tous les jours ; j’espère que vous me savez assez flemmard pour ne pas croire à de l’indifférence ; et puis le changement d’air doit vous faire voir les choses d’un œil indulgent. Je ne puis pourtant pas me dire absorbé par de nombreuses occupations. Bonnard m’a quitté, il y a une dizaine de jours et je me trouve tout seul avec ma famille à Paris. Les projets vagues que je faisais d’aller un peu au dehors sont irréalisables, Huc ne m’ayant envoyé que la moitié de la somme sur laquelle je comptais ; et même cette raison ne serait-elle pas, je commence à me retrouver bien à Paris comme les années précédentes et je ne sais pas si je gagnerais au change pour le moment du moins. Je me suis remis un peu au travail depuis deux ou trois jours, mais ne sais comment m’y prendre pour sortir ce que j’ai en tête, assez désordonné du reste, je suis navré de voir que dès que je me remets au travail je reprends les manies précédentes et ne fais aucun ou très peu d’effort pour sortir ce que j’entrevois quand je ne fais rien.

Bienheureuse flemme, pourquoi n’a-t-on pas des rentes, et beaucoup de temps devant soi avec l’illusion d’un travail raisonnable au bout. Somme toute, je vais bien, à part de petit déboire du moment, j’ai eu un bon moment de tranquillité et j’ai encore un peu de temps devant moi, mais j’ai peur de l’hiver, j’ai peur de penser à ce qui pourrait me déranger de mes petites manies, j’ai peur de tout le monde.
Par exemple quand il fait par trop laid, je redeviens assez facilement grognon, ce qui arrive souvent, mais cela ne va pas trop loin. (…) »

(Lettre de Vuillard, in « Félix Vallotton, documents pour une biographie et pour l’histoire d’une œuvre, T. 1 – 1884-1889 », La Bibliothèque des arts, Lausanne-Paris, 1973).

comme un cadavre devant la nature

« 25 août 1888 (…) comme un cadavre devant la nature, c’est la seule méthode pour avoir la paix intérieure (au point de vue de la peinture.) quel contentement de bien mettre une ombre à sa place et une fois le tableau fini, on ne le regarde plus parce qu’on a fini de jouir – L’ennui devient fastidieux on s’y complaît, on le travaille puis vient qu’on s’y entraîne et alors c’est le galop infernal,
les déceptions et les déboires sont banales je n’y vois aucune rareté, mais dans la jouissance c’est l’insondable.
L’Hiver sera bientôt là j’espère que nous nous verrons souvent, à table, au café dans des endroits chauds et nous taillerons encore de ces bavettes interminables, – je veux changer de logement ou irai-je J’aimerai Montmartre si je ne faisais pas de portraits mais le consommateur est gros d’ordinaire et la rue Lepic avec un atelier au bout le laisserait froid, je voudrais m’en tenir à une chambre bien au nord, cuisine et chambre à coucher, j’ai des goûts simples, je suis né en 56, mais je suis dépensier je ne puis m’astreindre au strict nécessaire que de choses autour de moi inutile – vendre tout si ce n’est le lit 2 ou 3 chaises une table et la batterie de cuisine, supprimer la manie d’acheter le journal, le café, les femmes, cela demanderait un entraînement après quoi j’en suis sur j’aurai des grandes jouissances, prendre ma canne aller me promener, cirer mes souliers allumer mon poële, changer souvent de souliers c’est intime, avoir ma clef dans ma poche et la sentir de temps en temps luisante sous ma main ce serait innocent et viellot, même trottinant. Je ne fais pas de fusain le temps est chaud et orageux, l’électricité frôle partout, la rue ne me dit rien dehors je flâne, je boutique, mais gare l’hiver son froid me réveillera, je voudrais être plus impressioniste je ne suis pas content jusqu’ici tout cela ne rend pas mon impression cela a rendu plus la nature, en regardant n’importe quoi une seconde, – il nous en reste une image c’est cela que je voudrais reproduire ce serait très curieux, ce serait en dehors de ce qu’on appelle d e s s i n je suis primesautier et je n’ai jamais exercé et appliqué cette qualité, mais il me faudrait avant dessiner d’après la vie un mois au moins – je suis paresseux. à vous Maurin charles . »

Beaucoup de plaisir à la découverte des lettres de Charles Maurin dans la correspondance de Vallotton (in « Félix Vallotton, documents pour une biographie et pour l’histoire d’une œuvre, T. 1 – 1884-1889 », La Bibliothèque des arts, Lausanne-Paris, 1973 – orthographe/ponctuation d’origine).

Cher Monsieur Signac,

« Cher Monsieur Signac,

J’ai toujours sur moi un petit cadre en bois doré, au travers duquel je contemple les couchers de soleil ; aujourd’hui je m’en sers pour vous regarder, vous et la société des Indépendants… »

Francis Picabia, « à monsieur Paul Signac, président de la société des Indépendants », 1922 (in Francis Picabia, « Ecrits critiques », ed. Mémoires du livre).

Pôles actifs, pôles réceptifs

Trouver sa bonne humeur au réveil en lisant Picabia :

« Les êtres se divisent en plusieurs catégories – pôles actifs, pôles réceptifs – il y a ceux qui sont uniquement réceptifs, ceux qui possèdent ces deux facultés réunies, et d’autres qui sont « neutres » au sens chimique du mot puisque rien ne peut les transformer pas plus qu’ils ne peuvent contribuer à la moindre transformation. Ces êtres-là nous encombrent à la manière des cafards… Ce que j’avance ici, je suis persuadé qu’on pourra le démontrer bientôt à l’aide d’appareils enregistreurs du même principe que ceux qui nous incitent dans les gares sous l’étiquette « Essayez vos forces », mais il faudra que les molécules des métaux dont seront faits ces appareils ne soient pas hyper-suggestionnables ! »

Francis Picabia, « Lutte contre la Tuberculose », in Comoedia du 3 août 1921 (à retrouver dans Francis Picabia, « Ecrits critiques », ed. Mémoires du livre).

► Imagerie « Tour de garde » (Album)

Petite collecte d’illustrations issues de la revue Tour de garde

Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #16.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #15.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #14.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #13.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #12.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #11.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #10.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #09.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #08.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #07.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #06.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #05.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #04.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #03.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #02.
Auteur inconnu, illustration pour la revue *Tour de garde*, #01.

Quel homme intelligent, dans ce petit Kiosque !

 » Petit bobo

A votre âge !

La fantaisie travaille la pauvre plante des tendresses. Je prends une feuille de papier sans le vouloir, avec mes lèvres. Quel homme intelligent, dans ce petit Kiosque ! Sous la lune tu ne pleureras que trop, voleur accepté un grand après-midi. Du camp mercredi on s’aime, brunes minutes attachés. Te figures-tu, te figures-tu comme je les aimais ? Ah ! les autres sont de petites étoiles, tu me manques trop comme la prochaine fois. Je n’ai que ça de bon, la Religion des antithèses annoncées, on m’a annoncé des comparaisons. Bel astre prêt à dire mon nom, l’Inde néglige les formes de Plutarque. Je vais vous donner ma voiture, ma voiture qui tressaille, journées heureuses, journées heureuses croyez-en un voyageur qui ressemble à la pluie, à Beethoven, à Sienne, à Paris, au bitume, à la merde, à la merde de Chopin qui sent. Allons donc, allons donc je t’aime, tu t’es arrêtée, allons donc, allons donc tu es ma famille ; maintenant fais-moi un petit bobo, un petit bobo, un petit bobo, un petit bobo, un petit bobo, un petit bobo ; bien sûr que oui, oui quand j’étais jeune j’avais de bonnes joues, oh bonhomme antichambre, antichambre.  »

Francis Picabia in « Meccano », n°2, Geel, 1922 (revue de I.K. Bonset, alias Théo Van Doesburg), accompagné d’un dessin mécanique intitulé « Les dents viennent aux yeux comme les larmes ».

Coraux

 » Sur ton cou, des coraux,
Sur l’étang, têtes de crapauds.
Crottes d’agneau,
sur la neige, crottes d’agneau.

Rose sur la lune nimbée,
sur ta taille, ceinture dorée,
Corde de chanvre,
sur mon cou, corde de chanvre.

Jambe et jupon en mouvement,
comme la cloche et son battant,
comme dans l’eau vive
deux peupliers se courbant.

Jambe et jupon en mouvement,
comme la cloche au sourd battement,
comme dans l’eau vive
le silence des feuilles tombant.  »

Attila Jozsef, « Coraux » in « Ni père ni mère ».

Noël Triste

 »  In natale Salvatoris,
Angelorum nostra choris
Succinat conditio :
Harmonia diversorum,
Sed in unum redactorum
Dulcis est connexio.

Adam de Saint Victor.

 

Livides, par les sentes défleuries, les froids dévalent des montagnes – comme un ost de loups blancs au pelage de frimas. Les feuilles oubliées par les aquilons frissonnent – papillons roux – au faîte des arbres assoupis. A travers les campagnes où la glèbe dure crie sous les pas, où, sur les chaumes passementés de givre piaillent, les agaces en demi deuil, le bonhomme Noël sonne les trompes de l’Advent. Sur le velour tanné des herbes mortes, la neige étend ses froides pannes – royales et tristes dans leur impérieuse blancheur.

L’arc à l’épaule et le croissant au front, Luna transperce de sagettes d’or les moutonnantes nuées et, de ses cornes obnubilées, irise l’argent bleu des étangs.

Les flocons imminents où saignent des lueurs pourpres épaississent l’horizon de teintes mornes et mates : gris turquin, rose tendre et – bordant les coteaux – des verts de turquoise malade, d’émeraude assombrie.

L’azur entier semble un écu géant où les noirs barons de l’hiver inscrivent leurs hautaines armoiries, où les fasces de gueules et les chevrons de sinople s’élargissent cantonnés d’étoiles boréales, accostés d’oiseaux migrateurs.

Noël ! Noël ! Dans l’étables aux colonnes fuselées, repose en son berceau l’enfant sauveur. A genoux, Madame sa mère prélude au baise-main des Rois, tandis que Joseph introduit l’ambassade barbaresque auprès du nouveau-né. Graves, sous leurs turbans étoilés de sardoine, avec des paroles de bienvenue coulant de leurs barbes embaumées, les princes d’Orient apportent au Dauphin du Ciel des présents d’alliance et d’éternelle soumission.

Noël ! Noël ! Un ange a réveillé les pastours sous leurs tentes de peaux. Les humbles communieront, ce soir, de la Bonne Nouvelle. Noël ! Noël à tous et joyeux Advent ! Par les routes sonores, – des hameaux et des hauts lieux – s’empressent les laboureurs et les bergers. Noël ! Noël ! L’astre unique verse au firmament la lumière et la paix – ici bas – aux cœurs de bonne volonté.

Noël ! Noël ! Des chœurs d’enfants et la voix des orgues, par les ogives noires où tremblottent des points d’or. Au loin, sous la mitre coruscante, l’Évêque sénile et pieux, les officiants aux lourdes chasubles, les préchantes vêtues de lin. Les séquences aux douces rimes barbares, les antiennes et les répons, comme de soyeux oiseaux de nuit, voltigent dans l’église embrumée d’encens. Les Cieux se sont ouverts et, radiant le feu vermeil des gloires, la tige de Jessé fleurit d’impérissables fleurs.

Noël ! Noël ! Et toi, si navrée, toi déserte en ton orgueil, ô mon âme, bois encore – s’il se peut – un calice d’oubli. La chambre tiède est fleurie de jacinthes et de cyclamens. Réchauffe à leurs haleines tes souvenirs mourants. Au flamboiement des houilles sanglanté, évoque, pour l’adieu, ces ombres de promises et, sous le soleil des étés perdus, les étreintes nuptiales des vingt ans !  »

Laurent Tailhade, « Noël triste », version parue dans Le Décadent n° 26, 1er-15 janvier 1889 (publié initialement dans Lutèce, 24 août 1884, puis en recueil dans « Bagnères-Thermal », « Poèmes élégiaques » et « Terre latine »).

Visites du Jour de l’An

 »     On doit une visite de Jour de l’An non seulement à ses amis, mais à ses connaissances éloignées, à ses supérieurs, aux personnes avec lesquelles on n’a que des rapports de service et d’affaires. S’abstenir de cette visite indiquerait un manque de savoir-vivre ou l’intention de suspendre toutes relations ultérieures.

Pour les visites officielles qui se font « en corps » il n’y a point d’indications spéciales à donner : un protocole particulier à chaque administration en règle les détails et l’usage les perpétue. Le jour et l’heure de la réception sont quelquefois fixés par le supérieur qui veut éviter l’encombrement de son antichambre ; mais c’est là une exception ; en général, on reçoit ses subordonnés le matin même du 1er janvier, celui d’entre eux qui est le plus ancien ou le plus élevé en grade prononce quelques phrases exprimant les vœux de bonheur, au nom de tous.

Pour les visites officielles, qui se font séparément, il n’y a pas de formule spéciale à employer ; la démarche suffit pour que le devoir de politesse soit rempli. Ainsi un jeune instituteur, allant chez le maire de sa commune au 1er janvier, aura satisfait à toutes ses obligations sans qu’il soit nécessaire de présenter le moindre vœu de bonne année. Mais s’il a été reçu dans la famille du maire, ou s’il a été l’objet de quelques marques particulières d’intérêt et de bienveillance, il devra formuler des souhaits de bonheur.

En dehors des visites officielles faites aux supérieurs, aux bienfaiteurs, on ne fait que des visites de parenté ou d’intime amitié le jour du 1er janvier ; pour les autres, on a toute la semaine, et même tout le mois.

Entre les membres d’une administration, il est des usages établis ; le plus répandu et le plus rationnel est le suivant : tous les messieurs se rendent chez les femmes de leurs collègues, le 1er, le 2 ou le 3 janvier, en commençant, bien entendu, par celles de leurs supérieurs ; ils ont parfois une quarantaine de visites à faire dans ces trois jours ; mais elles sont courtes et les libèrent pour le reste de l’année.

Dans le courant du mois, les femmes de ces fonctionnaires se rendent visite entre elles à leurs jours ; dans ces visites, pas plus que dans celles de leurs maris, il n’y aura d’échange de vœux de bonne année.

Dans les relations mondaines ordinaires, y a-t-il lieu de faire une visite spéciale de nouvel an ? La question se pose fréquemment ; d’aucuns nient cette nécessité et blâment fort l’habitude surannée de ces tournées de visites faites à époques réglées, qui n’entretiennent ni des rapports affectueux ni le plaisir d’un commerce agréable. il est certain que la vanité puérile d’avoir beaucoup de monde à ses réceptions à poussé parfois bien des femmes à multiplier les visites de jour de l’an pour attirer, en retour, toutes les personnes qui avaient oublié le chemin de leur demeure.

Pourtant la coutume, en elle-même, rend de réels services ; tous ceux qu’on a négligés dans le courant de l’année, ceux-là mêmes qu’on avait oubliés ne peuvent être froissés d’un long silence, si l’on s’empresse, au jour de l’an, de venir leur présenter ses hommages ou leur renouveler d’affectueuses protestations.

Toutes les personnes occupées excusent volontiers les retards, les abstentions, elles ne se formalisent pas aisément. Il leur suffit d’une aimable visite en Janvier, pour qu’elles se considèrent comme faisant partie de vos connaissances, vous rencontrent avec plaisir. Mais lorsqu’une vie de travail ne peut vous excuser, l’unique visite du nouvel an est insuffisante, il faut au moins apparaître trois ou quatre fois dans l’année chez la personne avec qui vous voulez demeurer en relations.

Les visites du jour de l’an durent 10 à 15 minutes. »

Liselotte, « le Guide des convenances. Nouvelle encyclopédie populaire des usages mondains », P. Orsoni éditeur, 1915.

Perdre du temps, conseille quelque voix

« (…)

Une sécurité nommée la paix des champs, à l’encontre des dissipations ou verbiages, amasse, de silence, assez pour faire transparaître en ce qu’il s’agit de ne pas dire, la grandeur.

Perdre du temps, conseille quelque voix – pas de remords ou, pire, le dégoût sitôt que face à face avec du loisir, comme dans l’appartement : ici intervient l’illusion spacieuse. Les regards se satisfont à mi-hauteur de futaies et, mainte journée enfonce à l’étang, légendaire de trésor.

Comme il suffit de s’en aller, à une heure et demie, seulement que l’obsession qui continue, par le vacarme du train, finisse, près : et accourt, avec une épaisseur, ou la parité de végétations ultérieures, tel bois. Aspect, volontiers, d’environs, les blés, sur une grande étendue, célèbrent par leur assurance lumineuse le centre de population, en qui veille la cité. Toute fuite plus avant, revient en tant que fleuve.

(…) »

Stéphane Mallarmé, « Bucolique », in Divagations, 1897.

… Mais aussi

« là je m’apparais tout différent, épris de la seule navigation fluviale. J’honore la rivière qui laisse s’engouffrer dans son eau des journées entières sans qu’on ait l’impression de les avoir perdues, ni une ombre de remords. »

(S. Mallarmé dans sa lettre à Verlaine, qu’on peut lire ici : http://www.cynthia3000.info/fagus/2010/11/la-mort-de-mallarme/)

Sculptures de la maison des têtes, Colmar (Album)

Façade de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.).
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)
Une sculpture de la maison des têtes (Colmar, XVIIe s.)

(Photos prises à Colmar en décembre 2006)

► Une illustration de Paul Richer

Paul Richer, « Lignes d’implantation et de direction des poils à la surface du corps (d’après Beaunis et bouchard) »

In « Nouvelle anatomie artistique du corps humain, Vol. 2 – Morphologie, La femme », Plon-Nourrit, 1920 – accessible sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5533512w

(illustration croisée, parmi d’autres œuvres de Richer, dans « Figures du corps, une leçon d’anatomie à l’école des Beaux-arts », sous la direction de Philippe Comar, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2008).

6 conditions – au moins

« Le poète cherche un mot qui soit :
féminin
de deux syllabes
contenant p ou f
terminé par une muette
et synonyme de brisure, désagrégation
et pas savant, pas rare –
6 conditions – au moins.
Syntaxe, musique, règle des vers, sens, et tact ! »

Paul Valéry, « poésie », in Ego scriptor et petits poèmes abstraits, Poésie Gallimard, p. 76

dans l’acte lui-même

« Il lui apparut que c’était seulement lorsqu’il avait commencé à être capable de formuler ses idées qu’il avait fait le pas décisif. Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même. Il écrivit :
Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort.
Maintenant qu’il s’était reconnu comme mort, il devenait important de rester vivant aussi longtemps que possible. »

G. Orwell, 1984

Vous doutez, Honorine ?

« Croyez-vous en Dieu, Honorine, autant que si vous étiez jeune ?

– Autant, dit-elle, mais je l’aime moins.

– Ah ! qu’est-ce que vous lui reprochez ?

– Deux injustices que je ne m’explique pas. Je lui pardonne le reste, mais d’abord pourquoi permet-il que le mauvais temps abîme les récoltes ? Pourquoi nous ôte-t-il le lendemain ce qu’il nous a donné la veille ? Il vient de me reprendre les cerises de mon jardin. Il me les a grillées avec son soleil. Puisqu’il est le bon Dieu, pourquoi s’amuse-t-il à nous jouer des farces ?

– Peut-être qu’il n’existe pas ?

– Ma foi, on le dirait.

– Vous doutez, Honorine ?

– Je ne doute pas, je regrette mes cerises. »

J. Renard, « Honorine », in « Le Vigneron dans sa vigne ».